« Karima, Karima, kiffe les Baccara
» Après un couplet légendaire sur le fameux Baby de Booba à coup de rimes à 24 carats, Nessbeal a.k.a. « le canon scié en featuring » fait son grand retour en solo. Car, même s'il doit beaucoup à ses expériences avec le B2O et le 9.2i - comme il le reconnaît volontiers - le temps est maintenant venu pour le rappeur de voler de ses propres ailes, avec à la clé une signature chez Nouvelle Donne connu pour avoir boosté la carrière de nombreux MC's tels Disiz la Peste ou Ol' Kainry.
L'heure aussi de faire parler toute son expérience du bitume, comme sur « B.E.C.T. (Bitume Expérience Connaissance du Terrain) », un 1er titre balancé en prélude de son album à l'intitulé tout aussi évocateur « La mélodie des briques ». Né à Boulogne-Billancourt, Nessbeal vit un temps à Sevran Beaudotte avant de déménager à Villiers-sur-Marne dans le 9.4 où il crèche encore aujourd'hui. C'est là qu'il fait la connaissance du terrain, de la vie de tess avec ses bons moments, les après-midi passées à taper le cuir contre le mur, les barbecues et les fêtes de quartier, mais aussi ses mauvais côtés. « J'ai versé mon sang dans la cité » avoue-t-il, comme pour mieux illustrer le propos de Booba sur « Hors-saison » : « elle est belle, cruelle, triste, elle est brutale, la mélodie des briques fait mal. »
C'est là également qu'il fait ses 1ers pas dans le rap à 12 ans quand un pote fait appel à lui pour une scène lors d'une fête de quartier. Il se découvre alors une passion même s'il ne se destine pas forcément à rapper. Quelques années plus tard, en 97, Ness sortira quand même un 1er maxi « Les gosses » avec Dicidens, le groupe qu'il forme aux côtés de Zessau et Korias. Un déclic qui l'amènera ensuite aux côtés de Lunatic puis Booba pour un duo sur la B.O. de « Taxi 3 », « Les rues de nos vies », produit par Kore & Skalp.
Autant dire qu'aujourd'hui, Nabil, de son vrai prénom, connaît le ness-bi. Et il entend bien mettre à profit son vécu pour nous livrer un album évitant les clichés habituels du « rap de rue » avec des paroles travaillés au corps à corps et le souci de coller soigneusement à la réalité. « Enfin la tess racontée par ceux qui la vivent / pas pour ceux qui en rêvent / Mais pour ceux qui en crèvent » pour reprendre le refrain de « B.E.C.T. » Après avoir déjà coulé sa plume dans le goudron pour le 1er opus de Dicidens « HLM Résidants », Nessbeal s'est donc remis à l'ouvrage en commençant à distiller son « Rap de paria » au